septembre182012

Une politique qualitative du logement comme nécessité sociétale.

S’il est un sujet qui touche la population dans son ensemble, c’est bien la question du logement.  Actuellement au centre de nombreux débats publics, cette thématique fait l’objet d’une vaste refonte comme en témoigne le vote au Sénat du projet de loi destiné à créer  500 000 habitations (dont 150 000 logements sociaux) par an grâce notamment à la cession gracieuse du foncier public et à un durcissement de la loi S.R.U.*. Si l’accessibilité au logement préoccupe les acteurs publics, la qualité des hébergements proposés se doit d’être posée en tant que principe prioritaire car elle touche de nombreux sujets tels l’environnement, l’éducation populaire, la salubrité…

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Une qualité environnementale.

On serait tenté de croire que la préservation de la biodiversité, des corridors écologiques… n’entre pas pleinement dans une politique sociale, il n’en est rien. On constate trop souvent  que l’espace d’habitation construit où rénové ne répond que trop partiellement aux exigences écologiques qui nous incombent. Le saupoudrage ad minima de procédés économiques tels les dispositifs de captation solaire, l’éolien… ont, trop souvent, un impact limité en raison d’une non-évolution des pratiques générales de bâtissage. Il est en effet regrettable que les normes B.B.C.* soient mises de côté au profit d’une fièvre constructrice aveugle et massive.

Un autre problème est perceptible dans  l’étalement urbain qui va de pair avec un éloignement des lieux de lien social, nous reviendrons d’ailleurs sur cette dernière question ultérieurement. Dans de trop nombreux départements, une culture pavillonnaire génère un grignotage massif  de terres naturelles ou agricoles et une imperméabilisation des sols. Dans pareille situation, l’impact des dispositifs d’économies énergétiques s’avère nul pour l’environnement comme pour l’habitant dont les dépenses en transports sont décuplées.

Le désastre lié à l’artificialisation annuelle de 600km2 de terres en France est d’autant plus grave qu’au niveau mondial la situation est plus alarmante avec un doublement de la surface urbaine globale entre 2000 et 2030. Bien que lié à un accroissement du niveau de vie dans les pays en développement (P.E.D.), ce phénomène ne doit pas être occulté en France où le retard en matière de préservation des espaces et de durabilité des villes reste considérable.

Créer un habitat économe et respectueux répond pourtant à un triple objectif économique, environnemental et social. Economique dans le sens où un investissement supplémentaire mineur à la construction permet d’avoir des factures allégées. Environnemental car – est-ce nécessaire de l’expliciter ? – il contribue à la lutte contre le dérèglement climatique et contre la raréfaction des ressources. Social parce que l’argent économisé ainsi que le mode de vie plus sain contribuent à une nécessaire émulation.

Une qualité architecturale.

                Mis en place en 2003, le programme national de rénovation urbaine (P.N.R.U.) est voué à la réhabilitation sur dix ans de 490 quartiers répartis sur l’ensemble du territoire national. Ce dispositif touchant quatre millions de français est destiné à unir les acteurs locaux régionaux et nationaux dans une démarche commune de requalification des logements et espaces publics des zones urbaines sensibles (Z.U.S.) ou assimilables.  Vaste chantier s’il en est, le programme présente comme avantage de redonner vie et qualité à des constructions anciennes dont l’abandon et la non-considération de la part des pouvoirs publics ont généré la dégradation.

Néanmoins, des disparités notables existent en fonction des zones concernées, le financement étant à la base de tous travaux. Même si les sommes engagées paraissent élevées, elles sont souvent l’objet de restrictions dont les conséquences sont déjà visibles. Dans les programmes publics comme les constructions privées, les décideurs cherchent à tirer les budgets au maximum par soucis de rentabilité ou d’économies. Cette situation pose un réel problème à retardement car les rénovations à venir s’annoncent coûteuses et prématurées…

Les exemples concrets sont perceptibles à vue d’œil pour quiconque à l’habitude d’observer le bâti et de réfléchir sur sa conception. La qualité du matériau comme son façonnage sont en tête des facteurs de vieillissement. Le moulage du béton peut par exemple faire l’objet de malfaçons qui font affleurer les armatures métalliques de manière plus ou moins importante. Masqués à coup de ciment et d’enduit, ces défauts sont autant de point de vulnérabilité qui causeront – surtout quand ils sont à la zone de contact entre la fondation et un mur – une dégradation rapide.

L’aménagement des parties communes d’immeubles est également sujet à contestations. Encore trop souvent, un traitement peint est réalisé car rapide et peu coûteux.  Or, il s’agit là d’un bien piètre cache misère car la résistance aux tags, graffitis… s’avère nulle tandis que les zones où la faïence est privilégiée sont nettement plus saines pour les habitants.

De tels éléments peuvent paraitre anodins, mais l’accumulation de malfaçons nuit sérieusement au bien-être des usagers qui ne doit plus se résumer à un lit, une salle de bains et une cuisine.

Un lieu de vie sain est aux fondements d’un quotidien apaisé. C’est d’ailleurs cette idée que l’ancienne ministre du Logement Marie-Noëlle Lienemann a souhaité mettre en avant lors de sa venue à La Roche-sur-Yon en mai dernier. La sénatrice socialiste de Paris a pris pour exemple un aspect très simple mais fâcheusement oublié qu’est un espace adéquat pour sécher le linge. Là aussi, les conditions sanitaires laissent à désirer.

De manière plus globale, il appartient aux constructeurs et collectivités d’accepter de dépenser plus. C’est une nécessité bien évidemment pour les habitants, mais également le gage d’une tranquillité liée au fait que les investissements en matière de rénovation seront plus tardifs et moins importants.

Une qualité spatiale.

La question brute du logement a une dimension purement architecturale, elle ne saurait pourtant être dyssociée de l’espace public. Il est en effet important de considérer la rénovation urbaine comme étant un tout et non une démarche sectorielle. L’agence nationale de la rénovation urbaine (A.N.R.U.) est d’ailleurs plutôt exemplaire sur le fonds de ce sujet.

Sur la forme – dans les aménagements publics comme privés – de grosses limites apparaissent. Si la suppression des frontières matérielles est un principe acquis, le nécessaire fonctionnement par centralités et proximités public/privé n’est visiblement pas posé en norme. Il s’agit pourtant de pratiques urbaines qui sont déjà revendiquées au XVIIIe siècle par des urbanistes inspirés de Lumières tels Jacques-François Blondel et Pierre Patte. Théories dont on trouvera des inspirations à La Roche-sur-Yon, au Havre, à Firminy… Néanmoins, les programmes de construction de grands-ensembles ne purent répondre à des telles exigences en raison de financements amputés. Les zones pavillonnaires périphériques connaissent sensiblement  les mêmes problèmes d’isolement de par  un éloignement des centres et un rôle de dortoir toujours plus affirmé.

Tant de zones désertées par la démocratie participative, la vie associative et les lieux publics ce qui empêche cruellement les émulations intellectuelles et sociales de prendre leur place pour offrir mobilité, ouverture d’esprit et par surcroit, bien-être général. Pourtant, quand Jürgen Habermas défend dans Droit et démocratie une dualité entre sphère privée et publique, c’est bien l’autonomie de chacun et donc la non-soumission qui sont mises en avant.

L’espace public ne doit plus être considéré comme étant un simple élément de décoration non prioritaire.

La totalité des programmes de grands-ensembles ayant échoué sont ceux où les financements prévus pour l’aménagement urbain ont été tout simplement amputés. La mixité sociale ne dépend pas uniquement du bâtiment dans lequel on vit, mais bien de l’ensemble habitat-espace qui est dicible sous aucun prétexte. Tant qu’on continuera donc de créer de l’habitat sans lieux publics, sans transports en commun… la ghettoïsation – ce maux qui ronge notre société – ne pourra diminuer.  Une politique sociale et éducative ne peut être efficace si elle est partielle. Il convient donc de réorganiser la vie en collectivité autour de centres qui sont autant de freins à un individualisme qui est incompatible avec la démocratie et la liberté donnée à chacun de disposer de son temps et de son esprit.

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On l’aura compris, la question traitée ici n’est pas celle qui est l’objet de toutes les attentions actuellement. Alors que les étudiants peinent toujours à se loger, que le prix du foncier de certaines zones nuit à la mixité… il ne faudrait pas qu’une action précipitée et incomplète actuelle ait des conséquences sociétales graves dans les prochaines années. Les politiques d’adaptation constituent une perte majeure de temps, de moyens et d’énergie. C’est une réflexion sur le long-terme qui doit être menée pour que les générations futures n’aient plus à payer les pots-cassés de politiques attentistes.

*S.R.U. : Loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains

*B.B.C. : Bâtiment Basse Consommation



William Chevillon

http://williamchevillon.over-blog.com/

septembre152012
septembre132012

Réaction suite à la revalorisation des bourses de 2.1%

L’annonce avait été faite, nous attendions la confirmation écrite.

Le gouvernement Ayrault par le biais de la ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso a entendu les préoccupations de l’ensemble de la communauté étudiante . Depuis 2009, et la dernière revalorisation de la bourse, la perte du pouvoir d’achat des étudiants était devenue intenable (augmentation des frais d’inscription, coût de la vie, prix des loyers, augmentation des mutuelles étudiantes…). Description : http://fabiencarles.fr/wp-includes/js/tinymce/plugins/wordpress/img/trans.gif

Nous sommes heureux de voir, que l’indice de base soit revalorisé de 2.1% pour la rentrée 2012 ! Il s’agit d’une augmentation de budget de 35 millions d’euros !

Il est à noter dans un second temps, que pour la première fois, un gouvernement s’engage  contre les frais illégaux prélevés par les universités avec une circulaire adressée aux présidents d’universités. En effet, la majorité d’entre elles, font payer une somme censée être remboursable en fin d’année, mais difficile à obtenir en pratique. Chaque année, l’UNEF et autres syndicats étudiants distribuent des formulaires de remboursement aux étudiants de manière à récupérer leur argent indûment prélevé.

Enfin, l’objectif présidentiel de la construction et rénovation de 40.000 places de cités Universitaires est maintenu, pour rattraper le retard et la dégradation d’installations existantes vieillissantes.

Parce que le retard s’est accumulé,  les notes négatives doivent être corrigées.

Sur les 10 dernières années, le prix du ticket de Restaurant Universitaire a connu une augmentation de 27% quand l’inflation était de 17%.

Dans les mêmes proportions que les années précédentes en 2012, une augmentation de 5cts du ticket Restaurant Universitaire est mis en place contre l’avis de la majorité des élus du Conseil National des Œuvres Universitaires et Sociales (CNOUS), en moyenne les frais d’inscriptions vont augmenter de plus de 2% et  une hausse de 0,43€ à la contribution étudiante à la Médecine Préventive Universitaire est à prévoir (espérons que cela contribue à son amélioration).

Ces attaques inadmissibles au pouvoir d’achat d’étudiants déjà précarisés, doivent êtres rattrapés en poursuivant les efforts importants déjà consentis par ce gouvernement, nous restons vigilants.

Fabien Carles, Responsable du Pôle Education, Insertion et Formation Professionnelle, accès à l’entreprise 

www.Fabiencarles.fr

juin192012

Les députés sur les bancs, la jeunesse sur la touche.

Le dernier scrutin électoral aura été marqué par une forte percée de la gauche et … de l’abstention.  Ce sont en effet près de 44% des inscrits sur les listes électorales qui ne se sont pas déplacés dont une très grande partie des jeunes de moins de 30 ans. Ce taux record pour une élection législative de la Ve République est à la fois la démonstration du désintérêt de la population pour les affaires politiques et du manque de légitimité de l’assemblée élue, puisqu’aucune majorité ne se dégage au travers du choix de l’ensemble des personnes inscrites sur les listes électorales.

Dans un régime où la Constitution donne pourtant un pouvoir important au parlement, le Président de la République reste considéré inconsciemment comme étant un monarque détenteur de tous les pouvoirs. Ce constat est en partie la cause du taux d’abstention nettement plus élevé que lors des scrutins présidentiels; néanmoins, c’est le gouffre qui sépare la population du Politique qui en est la raison principale.

Les leçons des fiascos politiques de 2002 et 2009 n’ont visiblement toujours pas été tirées.

En ce qui concerne la représentation des jeunes, comme pour la parité, les choses peinent à évoluer. En 2007 la moyenne d’âge des occupants du Palais Bourbon était de 55 ans, elle est désormais de 54,6 ans. Parmi les 577 élus, seuls 55 ont moins de 40 ans soit 9,5% alors que la population comprise entre 18 et 40 ans représente 22% des français métropolitains.

Le parti qui peut se vanter d’avoir la moyenne d’âge la plus basse à 43,5 ans est le Front-National. Avec deux élus dont Marion Maréchal-Le Pen la benjamine de l’Assemblée, le mérite reste limité.

A 22 ans, la nièce de Marine Le Pen est la plus jeune députée jamais élue et une des deux représentantes des moins de 30 ans au parlement. Mais voilà, il n’est pas certain qu’elle soit la meilleure ambassadrice de la jeunesse. 

Ayant basé sa campagne sur le projet frontiste, Marion Maréchal-Le Pen adhère clairement aux propositions présidentielles de sa tante. Parmi ces idées, nous pouvons retenir une sanctuarisation des établissements scolaires primaires, secondaires et supérieurs qui tend à inscrire le cadre scolaire dans une idéologie d’Etat des plus contrôlée.

C’est sans compter la suppression des soutiens à la création scientifique et culturelle étrangère, la fin du droit des femmes à disposer de leur corps, l’écartement des structures associatives de l’action sociale étudiante…

Bien qu’étant très jeune, Mme Le Pen n’est nullement une élue représentative de la jeunesse dans sa diversité sociale et culturelle.

Nous l’avons vu, l’Assemblée Nationale peine à se renouveler et à se doter d’élu(e)s susceptibles de représenter toutes les composantes de la population. La lutte contre la professionnalisation de la vie politique et donc pour une meilleure représentativité de la population et de la jeunesse, est au centre des priorités de l’Avenir Jeune. Priorité qui, on l’espère, sera enfin entendue pendant les cinq ans à venir.

Le Bureau de l’Avenir Jeune.

9AM

Quelle place pour les services publics en 2012 ?

Préambule

A notre époque le mondialisme exprime une volonté délibérée d’uniformisation des cultures par un alignement idéologique sur la financiarisation de l’ activité économique et ce au mépris des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes .

Le corolaire de ces nouveaux dogmes est le dessaisissement de l’ Etat de son rôle régalien qualifié de notion obsolète. En effet la propagande ultra-libérale se fait le relais de la stigmatisation des services publics qualifiés d’ archaïques, alors que je fais mienne une conception de l’ Etat républicain comme garant de la continuité des services publics de qualité assurant l’ Egalité réelle entre tous les citoyens de la Nation .

Pour commencer à poser ce problème quelques chiffres qui ne concernent que la France. Les économistes évaluent à 91,5 milliards le déficit public et à près de 1800 milliards la dette publique, sans parler évidemment d’une balance commerciale fortement déficitaire. Dans ces conditions, si l’on tient compte des engagements des états européens de ramener à l’horizon 2013-2014 le déficit public à 3% du PIB, une politique d’austérité , avec comme composante un certain sacrifice du service public ( au nom de la crédibilité internationale et financière de la France )semble nécessaire voire indispensable. C’est le discours actuel officiel des gouvernements, du moins des pays qui s’arrogent la direction du conseil européen , de la commission de Bruxelles et du F.M.I , qui forment un nouveau triumvirat ( la « Troika »)chargé de la politique européenne en coordination avec les Banques dont certaines ont largement induit, et profité , de la crise financière actuelle ).

Je conçois la République comme l’expression d’un Etat maître incontestable des fonctions régaliennes nécessaires à l’équilibre national dont la solidarité .

Selon mes idéaux la triade Liberté ,Egalité ,Fraternité ne se décline pas dans une hiérarchie de ces valeurs .Les deux concepts de Liberté et d’Egalité ne sont pas antagonistes mais doivent s’unir par un moyen terme humaniste : la Fraternité.

L’une des expressions opératives de l’Egalité directement liées aux droits inaliénables de l’Individu, est l’ accès à des services publics de qualité ,je pense en particulier au droit au travail , au logement, aux soins de qualité , à l’éducation publique …

Ainsi chaque citoyen possède un certain nombre de devoirs, car il appartient à une communauté dont les règles de vie doivent être établies sans ambiguïté pour éviter le chaos .Mais il bénéficie également de droits fondamentaux , dont une partie importante , qui rend réelle la citoyenneté effective, doit être assurée par les Services Publics qui constituent alors le vecteur fondamental de la perpétuation et de la cohésion de la communauté nationale. Si nous souhaitons que les citoyens en aval, fassent profiter leur Nation de leurs compétences diverses, il faut bien les y former en amont de manière juste .La République donc l’ Etat doit leur assurer la sécurité et une existence digne de leur qualité de citoyen ,égaux certes face à la Loi mais aussi non soumis à une disparité inacceptable de fortune , surtout si celle-ci est acquise par héritage ou des moyens illégaux ou injustes .

Une destruction programmée des services publics serait inévitablement suivie de la prééminence des services privés et alternatifs dont la finalité est ouvertement de faire du profit et dont l’accès sélectif à ces services se fait au plus offrant ,c’est-à-dire aux plus fortunés .La généralisation de cette privatisation deviendrait à terme totalement contradictoire avec les concepts de méritocratie, de Liberté et d’Egalité. Nous en constatons dès maintenant les prémices par la constante augmentation des inégalités dans mains secteurs de l’activité .

Rappelons avant de poursuivre quelques notions fondamentales sur l’Histoire des services publics à travers les lois dites de Rolland (principes réglementaires qui nous ont été donnés par le professeur Louis Rolland à partir de 1934). Ces Lois peuvent se résumer en trois grands principes :

Le principe de continuité : repose sur l’idée que la prise en charge d’un besoin impérieux par le service public lui donne sa légitimité ; il est dès lors inconcevable que le service fonctionne par à-coup et connaisse des interruptions brutales.

Le principe d’égalité : exige que tous les citoyens qui entrent en contact avec le service public soient placés dans une position égale (extension de la Déclaration de 1789).

Le principe de mutabilité: implique que les prestations fournies au public soient toujours adaptées à ses besoins ; si les circonstances changent ou si les usagers présentent de nouvelles exigences, les services publics doivent s’adapter (ils sont soumis à la loi du «progrès », leurs prestations doivent sans cesse augmenter en qualité et en quantité).

S‘y ajoutent, depuis peu, les principes de transparence et de concertation. Ces nouveaux principes sont issus d’une part de la volonté de briser la corruption qui parasitait de nombreux secteurs, et d’autre part de la prise en compte de la démocratie locale (associations, collectivités territoriales…). Les nationalisations mettront fin aux coûts prohibitifs des prestations assurées par des entreprises en situation de position dominante.

Enfin, le principe de participation (souvent appelé « démocratisation du service public ») qui, bien que figurant au rang des acquis de la Résistance (tripartisme), ne fut que trop rarement appliqué et qui ressurgit aujourd’hui sous la forme de conseils consultatifs (CCSPL, Comités d’usagers d’une ligne TER, Observatoires des services publics de l’électricité, etc…..).

Nous constatons alors que ces principes sont des vecteurs essentiels du concept d’intérêt-général qui est un fil conducteur de notre problématique et du concept républicain lui-même. Ils furent d’ailleurs pris comme piliers du programme du Conseil National de la Résistance dès 1944. Cependant, ils n’apparaissent nullement au sein de la constitution de 1958 dont je rappele ci-après l’article 1 :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

Cette constitution se révèle être assez floue sur la notion d’intérêt général. Ce constat ne serait-il pas le nœud Gordien des difficultés évoquées précédemment ?

Ces mêmes difficultés se sont fortement accrues avec l’émergence idéologique de la pensée commerciale mondialiste où le qualitatif est devenu obsolète face au quantitatif et où la pensée marchande, dans sa volonté et sa recherche sans fin du profit au détriment de la qualité, a détruit l’idée initiale de libéralisme ( bonne en elle-même car en adéquation avec le principe d’émancipation de l’Individu ) pour y substituer un leitmotiv de la concurrence universelle où cette dernière, qui avait initialement pour but de favoriser l’émulation (en elle-même facteur de progrès par l’innovation qu’elle favorise ), est devenue une arme destructrice de l’idée même de service public, c’est à dire dans le fond, de service à but non lucratif mais humaniste.

Car cette concurrence est faussée ! Tirant profit de prix compétitifs à coup de non-respect de lois sociales élémentaires, de bas salaires, de dumping économique ( fausse vraies subventions étatiques) ,dissimulation de profits pour échapper à l’impôt etc.

Il est également nécessaire et fondamental d’ajouter que l’actuel démantèlement programmé des services publics n’est, en fin de compte, qu’une étape dans la révolution néolibérale. Il est évident qu’il ne s’agit pas là de la fin d’un long processus. La deuxième étape, après l’anéantissement des services publics, consistera vraisemblablement à mettre fin intégralement à l’existence de la puissance publique des Etats ( il a été question au XIXème siècle du dépérissement de l’ Etat dans un tout autre contexte !).

Au bout du compte, le droit privé devrait ici retrouver une plénitude de ses acquis par l’intermédiaire de l’établissement de la contrainte du contrat individualisé et généralisé. Là est en réalité la vraie finalité du néolibéralisme, c’est-à-dire la fin programmée d’une démocratie dont on a soustrait ses droits collectifs. Un indéniable retour aux sources d’un libéralisme qui a précédé le long cheminement d’un Etat ayant puisé historiquement ses fondements dans la nation.

A ce phénomène, nous pouvons et nous devons y opposer une réponse politique. En guise d’illustration, le Discours d’Ernest Renan « Qu’est-ce qu’une Nation » constitue une formidable référence , car ce discours, qualifiant la Nation d’âme permet de comprendre avec intelligence et loin de tout fanatisme que le seul cadre géopolitique véritablement viable est celui de l’Etat-Nation dans ce qu’il a de plus universel, par le désir de vivre ensemble , la valorisation de la solidarité , de la recherche de la justice sociale , de l’émulation , du bonheur ( à contrario du modèle Allemand de l’Etat-Nation plutôt défendu par Fichte.)

Corentin Lefur

juin162012

Chère France…

  Les immigrants sont-ils bien intégrés dans la société française ? Cette dernière se prétend généreuse, ayant accueilli les étrangers (lorsqu’elle en avait bien besoin, pour occuper les postes dont les Français ne voulaient pas) et éduqué leurs enfants. Elle souhaite désormais contrôler le flux d’immigration, le contexte économique difficile ayant changé la donne. Nous évoquons ici les immigrants ayant fui leur pays, arrivés sans un sou, espérant trouver un niveau de vie meilleur. Leur intégration ressort dans divers sujets de société : crise des banlieues, insécurité, absence de maîtrise de la langue française,  communautarisme, chômage, abus des allocations sur le dos des Français. Toutefois, la France permet-elle à un immigré de s’intégrer facilement ? Lui permet-elle de sortir de sa couche sociale ? N’est-ce pas la France, elle-même qui refuse de l’accepter, qui le relègue tacitement dans un coin avant de l’ériger en bouc émissaire responsable des maux de la société.

Ce problème d’intégration révèle surtout un trait caractéristique de la société française. Son clivage en diverses classes. L’absence d’égalité des chances, expression bien trouvée mais tellement ironique. La société française se veut élitiste mais ne permet pas son ascension. Le discours mettant les études comme clé d’intégration et d’ascension sociale est pure hypocrisie. En réalité, cette société est dominée par une seule classe, celle détenant le capital culturel et/ou financier et qui souhaite le garder sans partage. L’ascension est soit disant ouverte à toutes et à tous. Loin s’en faut. Elle érige des barrières invisibles mais bien réelles. La réussite dépend bien du diplôme et de vos relations. Pourtant, qui réunit ces critères ? Qui est soit disant cultivé (au sens maîtrisant la culture de la classe dominante)? Ceux qui sont privilégiés car baignés dès le plus jeune âge dans un univers culturel riche, entourés de personnes parlant un français sans faute et aux belles tournures, parlant actualité, débattant économie ou politique à table, parsemant leurs phrases de mots faisant facilement un +20 au scrabble, ceux dont les parents ont les moyens de les envoyer dans un pays anglo-saxon pour perfectionner la pratique de l’anglais, devenu désormais indispensable en entreprise… Sont-ils méritants ? Ils se sont simplement donné la peine de naître au sein de la bonne famille. Les autres, eux, doivent se battre deux fois, dix fois voire cent fois plus pour entrer dans ce moule, mais toujours en moins bien. Pour beaucoup, ils devront ramer dans cette galère où seuls certains bien-nés atterrissent directement sur le pont pour respirer l’air pur.

La France républicaine n’existe pas. Que les médias, politiciens, idéalistes et humanistes bien-pensant cessent de galvauder ce terme. Ce sera une couche d’hypocrisie en moins qui éclaircira le ciel.  

Valérie Chan

juin152012

De l’Education en France.

La France, entendons-nous souvent dire, est le pays possédant le meilleur système éducatif au monde. En dépit du fait que cette proposition semble à première vue peu crédible étant donné qu’entre Juin et Septembre 2011, pas moins de 223 000 jeunes sont sortis du système éducatif sans diplômes ( sources ministérielles), si l’on souhaitait accorder une quelconque crédibilité à cette maxime, encore faudrait-il savoir sur quels objectifs nous nous projetons pour l’affirmer !

Et c’est très précisemment la réponse à cette question qui permet de juger de l’étendue du marasme français en matière d’enseignement car le but principal cherché n’est plus du tout de former des hommes et des femmes libres, de favoriser leur indépendance, de leur communiquer la notion fondamentale de citoyenneté ou encore de développer leur esprit critique. Bien au contraire, l’Ecole au sens large a pour mission actuelle de formater nos enfants dès le plus jeune âge en vue de leur inculquer des repères et des mentalités qui leur feront voir dans quelques années les conséquences les plus insupportables du Mondialisme comme des banalités, des constats normaux que les diverses sociétés humaines ont pour tâche d’accepter ! Cet élan général, s’il perdure de manière durable, aura pour irrémédiable conséquences une disparition de la Culture Générale et des « Humanités », un mépris ( déjà existant) envers toutes les formations à caractère dit « fondamental » au profit des formations à caractère dit « appliqué », une uniformisation dramatique des mentalités et des visions du monde qui facilitera la progression de l’idéologie mondialiste et peut-être même, une disparition à terme des Grands organismes de recherche publics ( CNRS, CEA, INRIA…). C’est pour éviter de telles perspectives que je propose cette planche que j’axerai sur trois axes : Ecole primaire, Enseignement Secondaire et Enseignement supérieur. Au sein de chaque axe, je dresserai un court état des lieux en insistant sur ce qui à mes yeux est le plus problématique avant de proposer des grandes lignes de réforme, à caractère général ce papier n’ayant pas vocation à être un rapport exhaustif.

L’école Primaire.

                  

L’école primaire est en principe un noyau dur de l’enseignement obligatoire. On y apprend à maitriser la lecture, l’écriture et le calcul. En plus de cela, l’enfant doit être éveillé aux concepts de respect d’autrui ( instituteur et camarades de classe), de citoyenneté et de civisme. Il doit prendre conscience qu’il évolue certes dans le temps et dans l’espace, mais plus particulièrement au sein d’une communauté d’individus tous différents, tous avec leurs richesses et leurs défauts propres. Il est fondamental de lui expliquer que cette communauté d’individus, si elle souhaite pouvoir interagir avec harmonie, implique des règles, des droits et des devoirs. L’approche libertarienne actuelle développée dès les premières classes doit être combattue avec énergie au sein de l’école de la république car elle ne peut former que des enfants et donc des futurs adultes individualistes qui n’aspireront sans cesse qu’à s’émanciper des règles de vie commune et à détourner la recherche de l’intérêt commun en obsession de la satisfaction individuelle. Pourtant, notre pays de France jouit d’un merveilleux moyen pour lutter contre ce phénomène, sa devise ! « Liberté, Egalité, Fraternité ». Voilà le sens véritable qu’il est nécessaire d’inculquer à nos enfants à cette période du cycle scolaire, à savoir, l’épanouissement individuel et la reconnaissance de l’épanouissement d’autrui sublimés tous deux par le sentiment d’appartenance commun à la République. Tout est dans cette belle devise, si ce n’est peut-être le mot laïcité qu’il faudra un jour ajouter à cette époque d’émergence des communautarismes religieux. Ne retenons que l’égalité et nous sombrerons dans le communisme le plus ravageur, ne retenons que la liberté et le néo-libéralisme actuel aura vaincu ! Cet équilibre est fondamental et il est nécessaire d’insister dessus durant les premières années car rappellons-nous que nous ne sommes pas là pour former uniquement des têtes bien pleines, mais surtout des futurs citoyens à la tête bien faite !

Le second sujet fondamental à mes yeux n’est autre que la langue française ! Il faut donner durant les premières années le goût de notre belle langue française, constituant fondamental de la culture et de la Nation, que cette dernière soit pensée par Renan ou par Fichte ! De la poésie, du théâtre, du roman qu’importe mais qu’ils lisent et lisent encore et faisons en sorte pour ce faire que les derniers bastions de la méthode globale tombent ! A quoi bon imposer des heures et des heures d’anglais ou d’allemand à des petits français qui ont des lacunes dans leur langue maternelle ? Faisons les choses avec méthode et logique, qu’ils maîtrisent leur langue ( nous ne leur demandons pas de maîtriser le plus que parfait du subjonctif en CE2…) avant de s’intéresser de la manière la plus naturelle qui soit aux langues étrangères. Aujourd’hui, 40 % des élèves sortent de l’école primaire avec des bases trop fragiles en lecture, écriture et calcul et environ 15% sont illetrés !! Est-ce concevable en France en 2012 ? Nous devons donc définir dans un premier temps un socle commun de connaissances qu’il sera fondamental de posséder pour pouvoir entrer en 6ème. Les constituants de ce socle commun sont à définir avec précision mais il est évident que la parfaite connaissance des temps de l’indicatif, de la grammaire, de la syntaxe et des 4 opérations élémentaires en font partie.

Enseignement secondaire.

Certains nous parlent de la fin du collège unique, c’est une absurdité ! Il est nécessaire que tout jeune puisse bénéficier d’une scolarité générale de la classe de 6ème à la classe de 3ème où il pourra ressentir en lui son goût ou non pour les études. Les quatre années du collège sont importantes car en dépit du fait que les connaissances enseignées soient encore d’un niveau relativement modeste, elles permettent de stimuler l’enfant, de le confronter plus volontairement à la pluridisciplinarité et faire germer en son esprit des projets pour l’avenir, que ces projets aient été stimulés plutôt par une matière ou plutôt par un enseignant dont le charisme a été marquant pour lui. Bien évidemment, la priorité doit aller une fois de plus aux Mathématiques et au Français où l’élève aura la possibilité tout au long de ces quatre années d’approfondir ses connaissances et de développer ses capacités de raisonnement. C’est à cette période que les grands classiques doivent être données à lire en fonction de l’âge pour développer l’esthétique, le sens des valeurs, le goût de l’engagement, la sensibilité, l’amour de la connaissance et du voyage… Pensons aux « Trois Mousquetaires », au « Grand Meaulnes », aux oeuvres de Jules Verne, de Maupassant, de Lovecraft, au « Conte du Graal » ou encore à Molière et Victor Hugo ! Le programme d’histoire est également fondamental car à la fin de la 3ème, un élève doit impérativement avoir abordé sérieusement la Grèce de Péricles, le Moyen-âge, la Renaissance et toute l’Histoire de France de la chute de l’Ancien Régime au début du 3ème millénaire. La période Révolution Française-Consulat-Empire(s) jusqu’à la défaite de Sedan est un passage clef de notre Histoire car elle explique et détaille l’émergence des fondements de l’Etat moderne tout en réalisant un panorama unique de l’échantillon politique français qui permettra aux futurs adultes n’ayant pas lu René Rémond d’éviter les confusions hasardeuses entre Bonapartisme, Orléanisme et Légitimisme … Un examen tel le brevet doit être maintenu dans l’esprit à la fin du collège si le niveau est relevé car actuellement, le brevet des collèges ne sert à rien si ce n’est à préparer psychologiquement à la tenue d’examens postérieurement.

C’est selon moi à la fin du collège que la première sélection doit se faire, et une sélection fondamentale car à quoi bon envoyer des jeunes dans le cursus d’un lycée général si ils savent déjà que les études ne leur conviennent pas ? Qu’ils aspirent à une existence moins académique, moins codifiée et préfèrent se consacrer à l’âge de 16 ans à l’apprentissage d’un métier ? C’est pour cette raison qu’il est fondamental de relancer l’apprentissage dans notre pays qui permettra à de nombreux jeunes de se sentir épanouis en acquérant tôt une qualification professionnelle en entreprise, en CFA ou dans le secteur public. Dans le même esprit, les baccalauréats technologiques et professionnels doivent être soutenus et débarassés de la connotation négative qu’ils portent parfois de manière totalement injustifiée car la France a besoin de tous les profils pour être riche et pas seulement du « Philosophe-Roi » tant loué par Platon. En 2010, la proportion de bacheliers sur une génération était de près de 66% , un tel chiffre est-il vraiment utile ? Voulons-nous faire du quantitatif à tout pris pour être fiers devant les chiffres de l’INSEE ou voulons-nous assurer à chaque enfant épanouissement et place dans la société en fonction de sa personnalité et de ses aptitudes propres ? Pour cela, aussi faudrait-il ne pas faire dès le plus jeune âge de la propagande pour certaines professions ayant pour conséquences que certains élèves n’étudient pas pour l’acquisition d’un esprit critique et épanoui mais uniquement pour l’acquisition d’un statut et d’une reconnaissance sociale et pourquoi ? Car la « valeur » actuelle d’un métier n’est pas jugée sur son intérêt, son apport à la communauté ou sa démarche philosophique mais uniquement sur sa rémunération, c’est le message qui est d’ailleurs rabaché en boucles à l’occasion de ces foires qu’on appelle « Salon de l’Education » dont le dernier a eu lieu tout récemment Porte de Versailles et devinons ensemble quel stand a profité d’une publicité intense sur diverses chaînes d’informations françaises ? Une école d’ingénieurs de conceptions de jeux vidéos… Où le mot sacré « ingénieur » devenu le plus formidable mot-valise du 21ème siècle suffit à donner toute légitimité à une formation !

Mais revenons-en donc aux contenus des programmes du Lycée et à ce fameux baccalauréat ! Les réformes récentes ont pour vocation de supprimer par exemple une grande partie du programme d’histoire en filière scientifique… Comment prétendre alors que la filière S serait une quelconque « voie royale » si on n’y forme que des gens en mathématiques sans leur inculquer un niveau de connaissance minimum pour qu’ils puissent se repérer dans le contexte international actuel et méditer le passé pour construire l’avenir ? Il ne faut pas sombrer trop tôt aux chants des sirènes de l’hyperspécialisation actuelle qui voudrait que les jeunes de 18 ans se consacrent déjà à un seul domaine très restreint de compétences munis de belles oeillères leur faisant voir le monde non pas tel qu’il est mais à travers un prisme socio-professionnel déformant et très subjectif. Pour ce faire, oui, la filière S doit avoir un programme de mathématiques et de physique solide ( revenir aux programmes de la filière C et E) car les programmes actuels sont clairement insuffisants et la réforme du Lycée n’a fait qu’agraver ce phénomène. Mais en même temps, il est nécessaire qu’il y ait des cours de bon niveau en Histoire, en Lettres, en Philosophie car ce sont des Honnêtes Hommes que nous voulons former à ce stade et pas des petits pions orientés avec préméditation à une place très particulière dans la société. Bien évidemment, les filières sont là pour poser des priorités, mais je le répète, des PRIORITES, mais pas des suppressions pures et simples de disciplines ! Ainsi, un élève en S devra donc avoir un programme d’Histoire cohérent et accentué sur la période 1940-20.. car il est nécessaire qu’il soit informé de manière objective sur la marche du Monde. De même, un élève en filière littéraire devra suivre un cours de mathématiques obligatoire pas forcèment des plus théoriques mais en lien avec des applications pratiques et sociétales ( théorie des probabilités, Statistiques appliquées …). Enfin, de manière globale, les cours de philosophie doivent être instaurés avant la classe de Terminale dans toutes les filières et les langues anciennes fortement encouragées car elles constituent une véritable démarche intellectuelle et un excellent entraînement au raisonnement via la gymnastique des déclinaisons, comme en Allemand d’ailleurs ! L’organisation d’un examen comme le baccalauréat avec les réformes qui seront nécessaires ( plus d’oral et d’évaluation de la capacité de démonstration et de persuasion devant un jury) est en soi un sujet nécessitant un rapport entier, je ne le détaille donc pas ici ne souhaitant indiquer que des grandes lignes. Rappellons cependant qu’à l’heure actuelle, un élève de filière S sans options aura un oral de Français et une soutenance de TPE mais aucun examen oral au tableau devant jury en mathématiques ou en physique. C’est un constat très négatif car l’art oratoire n’est pas uniquement du domaine du droit et de la persuasion, je peux vous assurer qu’un Physicien qui souhaite donner de l’impulsion à une de ses publications se doit d’aller l’argumenter devant une réunion formelle ou non constituée par ses pairs s’il souhaite véritablement que la publication accéde à la postérité !

Enseignement Supérieur.

                 

L’enseignement supérieur, c’est avant tout l’épanouissement de l’esprit critique, des temps de réflexion prolongés , des introspections nécessaires et la remise en cause des préjugés. C’est le temps également des choix, des aspirations professionnelles, de la vie active qui commence à se faire voir et ressentir. L’enseignement Supérieur, c’est le goût et l’amour de la liberté par le savoir et la connaissance. Certains ne s’en lasseront jamais et voudront se consacrer à la pure théorie parfois très spéculative, d’autres souhaiteront appliquer leurs connaissances dans des domaines plus proches de la vie de tous les jours, ressentant le désir profond d’améliorer la société. Tous méritent encore une fois l’épanouissement car l’enseignement supérieur, ( et la société civile également), c’est la richesse par la diversité. Ainsi, les Ecoles d’ingénieur, de Commerce, les Universités, les IUT … ont tous leur place car ils fournissent à la société des profils divers aux compétences variées et complémentaires. Mais c’est un équilibre très fragile qu’il faut préserver absolument ! Le système des classes préparatoires aux Grandes Ecoles est une thématique très particulière dans notre pays tout d’abord car elles n’existent véritablement qu’en France. Mais surtout car à la base, de concept pédagogique et très scolaire destiné à préparer au mieux un certain nombre de futurs actifs en leur donnant des outils méthodologiques ( ce qui est tout à fait justifié), elles ont dérivé lentement dans l’opinion commune comme finalité, au point que nombre d’élèves de ces classes préparatoires se soucient bien peu de l’école qu’ils seront en mesure d’intégrer à partir du moment où ils sont passés par la case « Classe Prépa ». C’est ce début de raisonnement qui à terme lie inextricablement la profession non pas à une passion ou à un engagement mais uniquement à un revenu ! Ce phénomène de classe préparatoire avec une sélection à l’entrée s’est développé en parallèle avec un autre préjugé fort répandu, celui qui consiste à percevoir l’Université française comme un ventre mou laxiste ! Il serait long d’expliquer pourquoi de telles opinions se sont enracinées depuis maintenant plusieurs années. Mais il faut faire en sorte que les lycéens ne soient pas victime d’un discours déformant mais d’un discours juste ! La voie royale absolue n’a pas de sens car la voie royale, c’est celle de son bonheur intellectuel propre ! Les Ecoles de Commerce et d’Ingénieur ont vocation à former des individus spécialisés dans un ou des domaine(s) particuliers en vue d’utilisation et d’applications industrielle ou autre. Les Universités, quant à elles, ont majoritairement vocation à former des chercheurs. Chercheurs et Ingénieurs sont complémentaires car ils n’interviennent pas au même niveau de la chaîne du savoir et il est donc absurde de vouloir confronter des profils et des démarches intellectuelles qui ne sont pas comparables. Ils peuvent s’enrichir les uns et les autres et par conséquent, les rapprochements déjà existants entre Ecoles et Université doivent être intensifiés via principalement l’instauration de passerelles et de double-diplômes. De même, alors que nous avons en France des Institutions remarquables ( Ecole Normale Supérieure, IHES…), ils n’ont pas la place qu’ils méritent dans le si controversé Classement de Shangai car nos pôles universitaires sont simplement quantitativement trop petits. Il est donc impératif de favoriser les regroupements Universitaires ( tel Paris-Cité par exemple) en vue de créer des structures à échelle internationale qui n’auront aucune peine compte tenu de l’excellence de nos chercheurs à concurrencer les soi-disantes exceptions anglo-saxonnes. Enfin, une partie des programmes de 1ème année ( je pense en particulier aux Mathématiques et à la Physique) doit être impérativement renouvelée en translatant une partie de ses contenus à la classe de terminale. En effet, l’écart important qui existe actuellement entre la Terminale et la 1ère année de Licence est en partie responsable des taux d’échecs importants. Pour résoudre ce problème, il suffit de favoriser la continuité du contenu et des enseignements afin que les élèves aient le sentiment quand ils arrivent en cours de 1ère année qu’ils approfondissent dans un premier temps les cours de l’année précédente sans découvrir un tout autre monde, ce sentiment psychologique de contuinité favorisera la confiance de l’élève et ne pourra que l’aider à réussir. Un simple exemple, dans les années 80, tout élève de terminale C maîtrisait la notion d’espace vectoriel fondamental autant en Mathématiques qu’en Physique. Aujourd’hui, il faut attendre la classe de Mathématiques Supérieures ou la 1ère année de licence pour qu’elle soit simplement évoquée… Et les exemples de ce genre sont nombreux ! J’espère qu’à travers ces premières pistes, réflexions et constats, une large interrogation s’ouvrira pour permettre à la France de s’émanciper du « savoir pratique » et de se réconcilier définitivement avec la connaissance comme levier d’émancipation et construction de l’individu. Elle le mérite bien !

« Si la connaissance peut créer des problèmes, ce n’est pas par l’ignorance que nous pourrons les résoudre » Isaac Asimov

Corentin Lefur

juin42012

François Hollande et la jeunesse, premières impressions à chaud

Le 22 janvier 2012, lors du meeting du Bourget qui a donné une dynamique à sa campagne, François Hollande a déclaré « Je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! ».  Ces quelques mots du candidat aujourd’hui président traduisent une volonté de donner toute sa place à la jeunesse au travers de la politique qu’il souhaite mettre en place.

A ce titre, plusieurs propositions méritent d’être citées :

-Création de 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation. Ces emplois seront affectés à l’enseignement (principalement en primaire, en maternelle et dans les Zones d’Education Prioritaire), mais aussi à la médecine, la psychologie scolaire … et seront couplés à un rétablissement de l’année de formation des enseignants et des RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté).

-Accueil des enfants de moins de trois ans en maternelle. Priorité donnée à l’acquisition des savoirs fondamentaux. Accompagnement personnalisé pour les élèves en difficultés et/ou qui menacent de quitter le système scolaire. Refonte des rythmes scolaires.

-Décloisonnement des filières à l’université pour limiter la spécialisation précoce des étudiants. Renforcement des liens entre les types d’établissements supérieurs.

-Accessibilisation pour tous de la pratique d’un sport. Augmentation de 25% de la prime de rentrée scolaire. Valorisation des liens entre les secteurs privés et le monde associatif.

-Création sur cinq ans de 150 000 « emplois d’avenir » destinés à l’insertion des jeunes, notamment ceux des quartiers populaires.

-Construction de 2.5 millions de logements à destination notamment des étudiants. Mise en place d’une « caution solidaire » pour les jeunes.

[…]

Bien loin d’être exhaustifs, ces quelques exemples permettent d ‘avoir un aperçu de la politique de la jeunesse voulue par François Hollande. Il est évident que d’autres sujets comme la culture, les transports, l’Europe, l’emploi et la santé touchent également l’ensemble des jeunes.

 

Peu de temps seulement après la prise de fonction du nouveau Président de la République, il est évidemment impossible de baser une analyse sur des mesures concrètes. Néanmoins, les choix gouvernementaux et la teneur de certains discours peuvent suffire à nous éclairer sur les fondements de la politique à venir.


Trois éléments méritent d’être notifiés :

Dans son discours du 9 février sur l’éducation, François Hollande a fait appel à la mémoire de Jean Zay. Moins connu que Léon Blum, Edouard Daladier et autres Maurice Thorez, il n’en est pas moins une figure fondatrice du modèle culturel et éducatif développé dès 1943 par le Conseil National de la Resistance.  Ministre de l’éducation nationale et des beaux-arts de 1936 à 1939, Jean Zay a posé les bases de la politique d’éducation populaire développée après la guerre par Pierre-Olivier Lapie, René Iché, André Malraux …

Dans le nouveau gouvernement la dénomination du ministère attribué à Valérie Fourneyron est « Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative »

Toujours dans le gouvernement l’attribution de postes liés à la jeunesse à des hommes et femmes issus de milieux divers, à la notoriété plus ou moins grande … est un exemple de diversité assez intéressant.

Nous pouvons finalement constater que trois grandes idées ressortent, à savoir l’égalité, la représentativité et l’ouverture. Nous avons là, la base de la politique de la jeunesse à venir, c’est incontestablement l’expression d’un changement dans la mentalité et la pratique  politique.Néanmoins, une grande faiblesse existe dans le domaine démocratique et participatif.

Travailler pour et avec la jeunesse c’est bien, faire travailler la jeunesse c’est mieux ! A ce titre, la mise en place d’un ministère délégué exclusivement à la jeunesse aurait été souhaitable.Nous attendons des premières mesures postérieures aux législatives, des éléments susceptibles de satisfaire nos souhaits.

Le désintérêt de nombreux jeunes pour la politique est un fléau qu’il est nécessaire de combattre.La création d’une sensibilité, d’un sens de la citoyenneté, par l’éducation, la culture, le cadre associatif … doit permettre d’y remédier.

Il apparait pourtant que le rôle des jeunes dans les décisions et la vie locale resterait cantonné aux traditionnelles déclinaisons ad-minima des instances des collectivités du type CMJ, CRJ …

Les idées défendues par l’Avenir Jeune sont en ceci intéressantes qu’elles résultent de la volonté unanime de jeunes de toutes sensibilités, d’agir dans l’intérêt collectif sans jeunisme outrancier.Voici quelques pistes que nous nous attachons à défendre et qui nous guideront dans nos analyses futures des mesures mises en place par la nouvelle tête de l’Etat.

→Création de nouvelles Ecoles Normales alliant théorie et pratique.

→ Revalorisation du statut et du salaire du corps enseignant.

→Modération des loyers par une politique de rachat.

→Repenser l’espace urbain avec l’arrêt définitif de création de cités et un renouvellement plus humain et qualitatif.

→Un service civique obligatoire, rémunéré et adapté dans l’associatif, l’humanitaire …

→Lutter contre les inégalités territoriales par la valorisation des services publics de proximité …

→Sanctionner d’avantage les médecins refusant de soigner les patients couverts par la CMU.

→Création de pôles de recherche et développement en technologies environnementales et énergétiques.

→Création d’un pole d’investissement public, afin de développer l’emploi local en France.

« La jeunesse est impatiente et sévère dans ses jugements, probablement plus en France qu’ailleurs, certainement aujourd’hui plus qu’avant. Ce n’est pas moi qui vous en blâmerais, vous les jeunes, car vous avez de fortes raisons d’être inquiets, d’être critiques. Je n’ignore pas ces raisons. Mais je sais aussi qu’il dépend de vous que votre critique demeure vaine et votre impatience stérile, ou qu’elles soient, l’une et l’autre, et dès maintenant, des ferments d’énergie et d’action » Pierre Mendès-France


William Chevillon, Chargé de l’analyse politique

mai232012

Dis-moi Mehdi, qu’est-ce que la loi spéciale ?

  Ce n’est pas vraiment une loi. C’est un ultimatum, une mise en demeure contre le peuple québécois à se soumettre formellement et sans conditions. On ne pensait plus, qu’à ce moment de l’histoire, la liberté puisse être frappé ainsi, avec toute la violence d’une matraque sur le visage de la jeunesse québécoise. Non, ce n’est pas possible. Il est juste de blâmer celui qui a porté cette loi, édictant une mesure en désaccord avec le serment de l’humanité, la liberté, et toute constitution politique.

Celui qui a porté cette loi, Jean Charest, avait l’idée suivante: songeant briser le mouvement de contestation contre la hausse des frais universitaire, il fît voter une loi spéciale qui est venu accabler les étudiants québécois en restreignant leur droit de manifester. Celui qui a porté cette loi, a voulu réduire la liberté à la résignation mais ceux qui ont voté cette loi , au lieu d’écouter les revendications du peuple, lui on dit de se taire, préférant la loi du silence au dialogue.

Cette loi avait pour but de «préserver la paix, l’ordre, et la sécurité publique» mais à quel prix ? Au prix du mutisme d’un peuple qui se rassemble pour la liberté et qu’il n’est pas étonnant que la mutinerie suive. Cette loi donne un prix au droit de manifester, d’une amende allant jusqu’à 125.000$ pour tous ceux qui bravent l’interdit. C’est tout un peuple qu’il faudra condamner à payer une amende!

Le sursaut moral des québécois doit mobiliser toute la société car l’abus de cette loi peut emprisonner les plus zélés défenseurs de la liberté. Lorsque son gouvernement accuse le peuple il est de notre devoir de résister, de ne pas accepter l’inacceptable.

Aujourd’hui un gouvernement manque au Québec.D’autres mesures sont à prendre pour sortir du conflit, comme se demander pourquoi le peuple manifeste ?

Mehdi Ben Guella, Chargé des débats de l’Avenir Jeune

http://dismoimehdi.wordpress.com/

mai172012

Journée contre l’homophobie

En 2012, l’homophobie reste un problème majeur pour de nombreux jeunes.

Chaque 17 mai est l’occasion pour les organes politiques, militants associatifs… de rappeler que les luttes pour la fin des discriminations liées à l’orientation sexuelle sont loin d’être terminées. Cette année encore, le constat de l’homophobie est inquiétant. Le récent rapport de l’association SOS Homophobie nous montre que malgré une acceptation globale de l’homosexualité, les comportements et agressions homophobes ne sont pas en régression.

Nous publiions il y a quelques semaines, un article lié au Refuge, une association qui agit notamment pour sortir les jeunes homosexuels(le)s de l’isolement dont ils/elles sont victimes, association représentée au Conseil d’Administration de l’Avenir Jeune. Dans ce texte, le suicide des jeunes LGBT est exposé avec un chiffre qui fait froid dans le dos. En effet, le nombre de jeunes homos se donnant la mort est 10 à 13 fois supérieur aux jeunes hétérosexuels. Ce constat  traduit bien le malaise qui touche une large partie de la population homosexuelle, malaise du au mépris de la différence qui gangrène notre société où un certain conformisme règne en maitre.

Cette idée erronée de la nature humaine et de la famille est malheureusement entretenue par certaines formations politiques, associatives …

La force et la gravité des témoignages recueillis par Le Refuge ne sont que le reflet d’une réalité que beaucoup seraient tentés d’oublier.  

Combattre l’homophobie à sa source est la clé d’un changement global de mentalité. C’est pour ça que nous militons afin que le cadre éducatif contribue à la nécessaire sensibilisation des plus jeunes. L’homosexualité ne doit plus être écartée des programmes scolaires au prétexte imbécile et lâche de « l’universalisme des valeurs de la République ».  L’universalisme est brandi tel un bouclier quand un sujet dérange. Mais quand il s’agit de combattre la xénophobie, l’antisémitisme – qui sont également des faits très graves – aucun problème ne se pose.

La lutte contre toutes les discriminations passe par une refonte globale des programmes scolaires qui restent, sur le fonds, détachés des problématiques contemporaines.

La sensibilisation à des sujets tels les maladies sexuellement transmissibles, la liberté de disposer de son orientation sexuelle et de son corps … doivent faire partie intégrante d’une ligne pédagogique basée sur le dialogue, la libre-expression et l’ouverture.  Les autorités étatiques et les collectivités locales doivent, en ce sens, honorer leurs responsabilités face aux lois et compétences existantes mais enterrées.

Dans le travail, la crainte de conséquences de son homosexualité sur son emploi, conduit de nombreuses victimes d’actes homophobes à se replier dans le silence. La mise en place et la généralisation de formations de sensibilisation est une des pistes à étudier.

Au-delà du mariage et de l’homoparentalité, qui sont des sujets majeurs, c’est toute une réflexion sociétale qui doit être menée. Les disparités sociales et territoriales accentuent souvent certaines discriminations. Une société inégalitaire est donc incompatible avec l’ouverture et la tolérance.

En 2012, l’homophobie est perverse car elle est disséminée en tous points ce qui ne l’empêche pas de causer des maux conséquents. Le combat contre les discriminations est lié à la remise en cause de normes moribondes qui n’ont plus lieu d’être. C’est ce qui attend les dirigeants actuels et futurs pour que la différence cesse d’être exposée en problème.

William Chevillon, Chargé de l’analyse politique de l’Avenir Jeune

avril182012

Vers un printemps québécois ?

 Le Québec est divisé. Le Québec se déchire, s’obstine, encore une fois. Rien de bien nouveau, au sein de notre pays qui n’en est pas un, au sein de notre diversité qui elle, en est bien une.

Dans le budget 2011 du gouvernement Libéral de Jean Charest, une hausse des frais de scolarité universitaires de 1625$[1] sur 5 ans a été annoncée, et la classe étudiante s’y oppose massivement. On nous crie depuis toutes les tribunes gouvernementales que cette hausse est justifiée pour plusieurs raisons : «La hausse des frais de scolarité augmentera la valeur des diplômes, elle servira à renflouer les coffres des universités, elle permettra d’engager des professeurs plus compétents etc…»[2]

 En réponse, des étudiants et divers intervenants de la sphère publique ont tenté de démentir, avec succès, ces arguments gouvernementaux. Des sites internet ont été mis sur pied, des recherches ont été faites auprès d’organismes comme l’IRIS[3], des spécialistes se sont prononcés sur la question, tous les partis de l’opposition ont dénoncé cette hausse. En somme, beaucoup de gens arborent le carré rouge, symbole de la lutte étudiante et de la grève qui est actuellement en cours.

 Le 22 mars dernier, dans les rues de Montréal,  a eu lieu la plus grande manifestation pacifique de notre histoire. Nous étions cette journée-là plus de 300 000 étudiants en grève, dont  200 000 à parcourir les rues de la métropole avec ce même carré rouge, scandant haut et fort notre refus face à une décision de notre soi-disant  gouvernement. J’y étais, le message était clair.[4]

Mon but ici n’est certainement pas de vous exposer les quantités phénoménales d’opinions rencontrées dans ce débat. Certes, je m’oppose farouchement à cette hausse étant personnellement  contre toute forme de marchandisation de la connaissance. Je veux plutôt par l’entremise de ce billet vous sensibiliser à notre cause, et faire connaître notre lutte dans les sphères de réflexions étrangères. 

Ce débat qui s’acharne dans nos écoles depuis de nombreuses semaines est non seulement important et complexe, mais il engage les générations passées, présentes et futures. Tous les points de vue possibles ont été analysés, toutes les façons de retourner le problème ont été observées. Dorénavant nous en sommes à un point critique. Depuis un certain temps, d’autres problèmes se sont ajoutés à la simple question de la hausse des frais. La judiciarisation[5] du conflit, l’utilisation de la violence dans les manifestations, les actes de vandalismes commis par certains groupuscules marginaux[6], brutalité policière[7], l’embauche de gardiens de sécurité douteux dans des établissements d’enseignement[8], l’intimidation d’étudiants et d’enseignants, ainsi que l’abus de pouvoir se sont mêlés à la partie.

                           

Le gouvernement et les établissements d’enseignements sentent la pression, c’est évident. Les tribunaux dorénavant interviennent à la demande de certains étudiants désirant reprendre les cours malgré les votes de grève de leurs associations étudiantes[9]. L’Université de Montréal a demandé et obtenu une injonction forçant la reprise des cours, dérogeant ainsi aux votes de grève de plus de 20 000 étudiants en grève[10]. Des agents de sécurité imposent à des étudiants dans leurs cours de décliner leur identité et de présenter leur carte étudiante. Les étudiants sentent leur droit de manifester brimé, et ils ont raison. Les étudiants sont frustrés de se voir mettre des bâtons dans les roues et ils ont raison. Les étudiants en ont assez de devoir se battre à contre courant non seulement contre leur gouvernement, mais contre leur école ET ILS ONT RAISON. L’Université de Montréal admet dorénavant que le climat d’enseignement s’avère à être plus qu’exécrable, et admet aussi que cette décision plaçait des professeurs dans une situation embarrassante. Les cours ont donc été suspendus jusqu’à ce que la situation se replace.

À ce stade, certains d’entre vous doivent en être à se demander ce que réquisitionnent les jeunes dans cette lutte pour qu’elle dure aussi longtemps. Bien sûr, comme je l’ai dit plus tôt, il existe plusieurs groupes qui ont face à cette situation des réquisitions différentes. Certains demandent le gel des frais de scolarité, d’autres la gratuité scolaire mais après tant de mutisme de la part de la ministre de l’éducation Line Beauchamp, nous n’avons dorénavant qu’une seule demande. Une table de discussion avec  le gouvernement, question de discuter de la myriade de possibilités envisageables afin de financer les frais universitaires autrement qu’en chargeant la classe moyenne de ce fardeau financier. Mais le gouvernement refuse de s’asseoir avec les étudiants, refuse de négocier cette hausse, refuse d’essayer de trouver des solutions alternatives. Pas besoin de vous dire que la frustration monte, que le PRESSION monte, au sein des associations étudiantes. Nul ne sera étonné qu’après 9 semaines de grève, de manifestations quotidiennes, de blocage de ponts, d’obstruction d’accès à des édifices publics, les jeunes sont INSULTÉS de se voir refuser le droit de la démocratie! Ils sont insultés qu’un message aussi  clair ne soit ni entendu ni COMPRIS !

La lutte des étudiants était au départ si simple, mais à force de se voir contraints à autant d’ignorance de la part des membres du gouvernement, les étudiants ont du employer des mesures plus rigoureuses. Depuis peu, on parle non seulement d’un mouvement social massif, mais d’un Printemps Étudiant ou Printemps Québécois. Il faut voir combien sont monopolisés les médias, combien tous les points de vue se choquent, combien chaque individu a son mot à dire. Beaucoup d’étudiants ont fait le sacrifice personnel de mette en péril leur session universitaire déjà bien entamée au début de la grève. En espérant que l’union de ces choix individuels permettra aux générations futures de bénéficier d’un accès plus équitable à l’éducation.

Melynda Houde ( étudiante en mineure d’études québécoises à l’Université de Montréal)

                     

Pour suivre le dossier, consultez les sites suivants :

Concernant les associations en grève et les mouvements étudiants :
www.bloquonslahausse.com

Pour suivre l’actualité Québecoise :
www.cyberpresse.ca
www.radio-canada.ca



[1] Radio-Canada [en ligne] Les étudiants dénoncent, les recteurs approuvent,

 http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Budget/2011/03/18/004-budget-reax-universites.shtml

(page consultée le 18 avril 2012)

[2] IRIS, les 8 mythes sur la hausse des frais de scolarité, [en ligne] http://www.tagtele.com/videos/voir/81498 (page consultée le 18 avril 2012)

[3] Ibid

[4] Le Devoir, Marée étudiante dans les rues de Montréal, [en ligne] http://www.ledevoir.com/societe/education/345676/journee-de-grande-manifestation-etudiante-une-premiere-action-cible-le-port-de-montreal (page consultée le 18 avril 2012)

[5] Université de Montréal, L’Université de Montréal obtient une injonction, [en ligne] http://www.nouvelles.umontreal.ca/campus/affaires-universitaires/20120412-ludem-obtient-une-injonction.html, (page consultée le 18avril 2012)

[6] La Presse, Des vandales ciblent des bureaux de ministres et le métro, [en ligne] http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201204/16/01-4515614-des-vandales-ciblent-des-bureaux-de-ministres-et-le-metro.php  (page consultée le 18 avril 2012)

 

[7] YouTube, Brutalité policière contre des étudiants, 27 janvier 2012, [en ligne]  http://www.youtube.com/watch?v=J-nKMwNBw64 (page consultée le 18 avril 2012)

[8] La Presse, UdeM: des agents de sécurité accusés d’intimidation, [en ligne]  http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201204/17/01-4516366-udem-des-agents-de-securite-accuses-dintimidation.php (page consultée le 18 avril 2012)

[9] Radio-Canada, Université Laval, Laurent Proulx obtient gain de cause et retourne en classe, [en ligne]  http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2012/04/03/009-laurent-proulx-comite-accueil-cours-universite-laval.shtml (page consultée le 18 avril 2012)

[10] Université de Montréal, Op Cit

avril132012

Débat sur l’Education, le logement et la politique de la jeunesse

Venez nombreux demain à Clichy la Garenne école Léopold Senghor pour assister aux deux tables rondes dont la notre , la seconde avec -Danielle Ripert- Elue à la Jeunesse de Clichy -Nicolas Faucher (Cartes sur table)- Culture -Simon Laborde-Peyré (Association Volley Ball 92)- Sports -Arthur Colin (Sauvons l’Europe) -Victor Quezada (Umbral)- Culture et Mehdi Ben Guella / Hadrien Ghomi (L’avenir jeune)- Questions civiques

avril112012

« Les politiques parlent du mariage pour ne pas parler du suicide chez les jeunes homos »

Tous iront voter. Ce sera la première fois pour la plupart d’entre eux : ils ont entre 18 et 25 ans. Ils vivent au Refuge, une association de Montpellier qui accueille ou recueille de jeunes homosexuels en rupture avec leur milieu, leur famille, leurs origines.

Ils sont une quinzaine - accueillis, accueillants, bénévoles - autour de la table de la petite pièce commune, un peu exiguë pour qu’ils y tiennent tous. Il y a Farid, Nicolas, Jonathan, Giovanni, Krystal, Clément, Gabriel et les autres. Ils vivent ou vivaient ici.

Dans les locaux du Refuge de Montpellier © Fabrice Gaboriau

On leur demande ce qu’ils pensent de cette campagne présidentielle, de la politique en général.

Long silence.

Farid, 22 ans, rompt ce blanc dans la conversation d’une voix timide. “La politique ne m’intéresse pas. Ca ne m’empêche pas d’aller voter pour participer au bon fonctionnement de la société. Mais vous savez, j’ai d’autres problèmes, je ne me sens pas concerné”. Les autres opinent. Gabriel, 22 ans, embraye. Il traîne “un passé très douloureux”. A l’instar de Farid, il juge que ses problèmes personnels rendent “difficile tout intérêt pour la chose publique”, bien qu’il considère l’élection comme “absolument déterminante”.

Farid est arrivé de Lille il y a trois mois et demi. Après une ”rupture familiale”, il n’avait “plus de toit sur la tête”. Il a trouvé ici un endroit où dormir, de l’aide pour trouver du travail, son “indépendance”.Tous ici partagent un passé difficile. Ils sont homosexuels ou transexuels et leurs proches n’ont pu l’accepter. Cette histoire, ils ne la détaillent pas en cet instant où ils sont réunis dans la bonne humeur d’un début de soirée. Ils ne la détaillent pas, mais on devine une souffrance qui dépasse l’entendement.

Peu à peu, les langues se délient et l’on discute plus volontiers de ces élections. Phénomène classique : certains parlent, les autres écoutent, hochent la tête de temps en temps pour montrer leur approbation, mais restent silencieux.

David regarde les propositions des candidats, relatives aux droits des homosexuels et transexuels. © Fabrice Gaboriau

On cause des mérites comparés d’Hollande et de Mélenchon, de vote utile, de Sarkozy, de son salaire, de la peopolisation de la vie politique, du chômage, du changement, de charisme, des“petits partis”, etc. On retrouve la même défiance du politique, la même incrédulité quant à leurs propositions, le même scepticisme, le même désenchantement entendu mille fois depuis que nous suivons cette campagne. “On est gays, mais quand même citoyens !”, se marre Nicolas.“Je ne m’implique pas plus que ça puisque ça n’a jamais avancé et ça n’avancera jamais”, résume David qui a posé ses valises au Refuge il y a trois semaines.

Sur la table traîne un tableau à double entrée qu’ils ont imprimé depuis le site de SOS-Homophobie. D’un côté les candidats, de l’autre les propositions relatives aux droits des homosexuels et des transexuels ; des ronds verts s’ils les ont reprises à leur compte, rouges sinon.

Le vert y domine, signe sans doute que les choses ont changé, mais ils ne sont pas dupes : “Après les élections, ce sera différent. Ils parlent pour nous endormir et dans trois mois, ce sera fini”, déplore par exemple Giovanni

“Les mentalités ont un peu évolué”, reconnait Jonathan qui ajoute : “Ce qu’on voudrait, c’est être considéré comme tout le monde”. Est-ce que cela passerait par le droit au mariage entre personnes du même sexe ? Jonathan, lui, dit y être attaché. Mais la question n’est pas là. “Les politiques préfèrent parler du mariage, ça leur permet de ne pas parler du suicide chez les jeunes homo ou trans”, lance Krystal, une jeune transexuelle, hébergée ici depuis un peu plus d’un an. “C’est comme le PACS, on dirait qu’ils l’ont fait pour nous calmer”, ajoute Giovanni.

Jonathan (au centre) © Fabrice Gaboriau

Pour eux qui ont subi les ravages de l’homophobie et de la transphobie, cette question du suicide est prégnante. “Rendez-vous compte, le taux de suicide est nettement supérieur chez les homos par rapport aux hétéros”, poursuit Krystal. Tous connaissent cette terrible statistique : les tentatives de suicide sont 10 à 13 plus fréquentes chez les jeunes gays. “Sans le Refuge, beaucoup de jeunes auraient été dans ce pourcentage”, renchérit Jonathan.

Gabriel © Fabrice Gaboriau

Et eux, s’ils étaient présidents, quelle serait leur première mesure ? “Ici, on parle de notre propre cas, mais les politiques devraient aider et prendre en charge les personnes en danger, toutes les personnes en danger”.

Pour eux, les hommes politiques n’ont pas pris la mesure de ce terrible constat. “Ils s’en foutent un peu de nous”, dit Jonathan. Certains sont venus ici les rencontrer. Dominique de Villepin, alors candidat, a par exemple fait le déplacement. Trop rapide, trop médiatique, trop opportuniste, jugent-ils. C’était un peu mieux avec Corine Lepage qui est restée plus de deux heures pour“écouter les jeunes”, dit Farid. Mais globalement, les politiques ne font que passer. “Ils ont peur de prendre part à notre cause ; ils ont peur du peuple, de la majorité hétéro !”, tranche Jonathan.

Pour en savoir plus sur le Refuge :

Article d’origine paru ici : http://montpellier.blog.lemonde.fr/2012/04/02/les-politiques-parlent-du-mariage-pour-ne-pas-parler-du-suicide-chez-les-jeunes-homos/#comment-2042
Pour information, le Refuge est administrateur de l’Avenir Jeune, représenté par Nicolas Noguier
avril102012

Les jeunes français et la politique.

  Au cours de l’année 2011, notre association ‘’L’Avenir Jeune’’ a effectué une enquête  auprès des jeunes d’un centre social de Ménilmontant, des étudiants, des  lycéens et des jeunes actifs parisiens et provinciaux afin de connaître le rapport que ces derniers entretenaient avec la politique et la légitimité qu’ils  accordaient à leur droit de vote. Ainsi, lycéens, étudiants mais aussi jeunes  actifs nous ont fait part de leurs réflexions, de leurs sentiments mais aussi de leurs espoirs et craintes en l’avenir. Loin des schémas simplistes, nous sommes  conscient que la ‘’jeunesse’’ est avant tout un amas de plusieurs jeunes bien  différents les uns des autres, malgré cela, nous avons essayé de retranscrire les idées les plus partagées. 

Je suis face à un problème cornélien : en avril la politique attendra un geste de  moi. En effet, il me sera permis d’exprimer mes espoirs mais aussi mes attentes par le  biais du droit de vote. Pourtant je suis las de tous ces discours de politiciens qui se  plaisent à nous rappeler sans cesse l’importance de ce devoir révolutionnaire. Mais ce serait trop vite oublier que ce droit a été acquis par des tyrans et non des démocrates.

Dès lors, il est légitime de se demander s’il en est autrement aujourd’hui. Notre  gouvernement est-il aussi démocrate qu’il ne le prétend ou ne reste-t-il qu’un esclave  régis par le règne des multinationales et les banques ? 

Au fil de ma vie, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me sentir lié à ce gouvernement.  Moi, je suis issu, comme tous mes proches, de cette fameuse génération qui n’a pris part  à aucune guerre ou participé à la répression de la Place Tian’anmen, pour moi le Général  de Gaulle n’est qu’un nom de plus dans mon livre d’histoire. Je suis un enfant de la  nouvelle société, loin de celle qu’ont connu mes parents, loin des solidarités et des actions de groupes où le bien de la communauté passe avant l’intérêt personnel. 

Moi, je suis issu, comme tous mes proches, de cette fameuse génération où « engagé  politique » rime avant tout avec « profit » et « argent ». Je suis de ceux qui vois les rues de sa ville recueillir chaque jour de plus en plus de sans domiciles sans que personne ne  s’alarme. Je suis un enfant qui a vu le nombre de professeurs diminuer et ceux des élèves  augmenter dans l’indifférence générale. Moi, je suis issu, comme tous mes proches, de la  nouvelle génération, celle qui n’intéresse plus personne. 

Peu importe le parti qui l’emportera, cela n’est pas prêt de changer. Mais quelle  importance ? Moi, je suis de la France d’en bas, trop bas pour que le sommet du pouvoir  

avril72012

L’INTÉGRITÉ POLITIQUE ET UNE NOUVELLE DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE OUVERTE SUR LA JEUNESSE POUR CONTRER L’ENLISEMENT DE LA FORCE CITOYENNE.

 Lors d’une récente distribution de tracts, au marché de la Garenne de La Roche-sur-Yon, l’accueil de la population a été le révélateur d’une crise de confiance indescriptible envers les partis politiques.

 Entendre le nom de Marine Le Pen comme seule alternative crédible face à un bipartisme opportuniste et déphasé de la réalité, ne fut malheureusement pas une surprise.

Dans l’esprit de beaucoup, les partis de gouvernement sont tous identiques ;l’absence de déontologie et de moralité de Nicolas Sarkozy ne choque même plus, tous les politiciens sont placés au même niveau. Le divorce entre les citoyens et la politique est encore plus visible lors des échéances électorales avec des taux d’abstention records.

L’excuse légendaire et lâche qu’est la responsabilité de la presse non indépendante qui dépeint le travail des élus … n’a aucune crédibilité à mes yeux. Le journaliste – coupable par nature – ne peut être tenu pour responsable du naufrage de la crédibilité politique.

Une des questions à se poser serait : Comment une personne cumulant les mandats et fonctions dans les collectivités, institutions … peut-elle être efficace et proche de la population dans sa globalité ?

Il est clair qu’en commençant par limiter les fonctions, le montant des salaires et retraites de nos élus, la représentativité de la population serait renforcée et l’asphyxie du monde politique écartée ; mais il me paraît nécessaire d’aspirer, au sein des collectivités à un renouveau démocratique profond pour redonner aux citoyens le pouvoir de décision qui leur échappe

La démocratie participative est en ceci intéressante qu’elle est en mesure de toucher la population dans son intégralité et sa pleine diversité.

Longtemps décriée comme étant un procédé électoraliste, la consultation des citoyens est désormais légion dans de très nombreuses collectivités et même inscrite dans la loi grâce au travail d’élus comme Kofi Yamgnane, Jacques Auxiette, Ségolène Royal …

Néanmoins, la formidable diffusion de ces institutions citoyennes a des limites non négligeables. Souvent, les instances participatives se résument à de simples comités d’approbation de projets déjà ficelés.

Une autre limite est le fait que trop souvent dans les réunions publiques sans cadre précis, des éléments mineurs monopolisent le temps et masquent un débat plus important, les avancées qui en découlent restent minimes.

Le cas des Conseils de quartier est intéressant dans le sens où les habitants sont directement impliqués dans l’élaboration de projets de proximité qui diffèrent de la simple installation de bancs et de poubelles.

A l’opposé, l’exemple des conseils de jeunes est particulièrement révélateur d’un défaut de proximité avec la population. L’action des institutions de jeunesse est différente en fonction des endroits. Là n’est pas le problème, ce qui est gênant c’est qu’une sectorisation croissante correspond généralement à un age croissant. Ainsi, une ville ouvre ses institutions aux écoliers, un département aux collégiens … Cette progression mène à une perte de proximité entre les jeunes et les collectivités alors que la prise de conscience politique est nécessaire à l’approche de la majorité et au-delà.

Il me paraît pertinent de citer quelques lignes du livre de Stéphane Hessel et Edgar Morin, « Le chemin de l’espérance »

« Nous devons énoncer une politique de la jeunesse en fonction de ce qu’est sociologiquement et culturellement l’adolescent : c’est le maillon le plus faible (parce que le moins intégré, entre le cocon de l’enfance et l’insertion dans les cadres adultes) mais aussi le plus fort de la société (parce que doté des plus grandes énergies, des plus fortes aspirations, des plus grandes capacités de révolte). C’est aussi une force qui peut être explosive et émancipatrice, mais aussi ravageuse et destructrice quand elle est rejetée et ghettoïsée… »

Il est possible de recréer un dialogue entre la jeunesse et les collectivités, institutions … en agissant dans tous les milieux, espaces urbains, quartiers sensibles, zones rurales …

André Malraux, dans un domaine très différent (quoique), a instauré les « Maisons de la culture ». Le but était de réconcilier les citoyens avec la création culturelle par le biais de lieux répartis sur tout le territoire, dans tous les espaces. Stéphane Hessel et Edgar Morin nous proposent – pour toute la population et sous le même modèle – les « Maisons de la fraternité ». Il s’agit d’un procédé de regroupement des institutions publiques et privées à vocation solidaire. Le but étant d’offrir au plus grand nombre un accès direct aux organismes apportant une aide dans tous les domaines (pauvreté, addictions, divorce …). Ces maisons ne sont pas pensées uniquement comme de simples lieux de guérison … mais en des espaces d’entraide, d’écoute et de partage.

L’idée me plait à bien des égards. Néanmoins, je doute que cela suffise à mobiliser la force citoyenne.

En suivant la notion de proximité voulue par Malraux, Hessel et Morin, il serait intéressant de développer de véritables assemblées de jeunesses au sein des communes et intercommunalités. Bien loin des Conseils de jeunes actuels – qui me paraissent plus comme étant des centres de loisirs à caractère éducatif – , ce seraient des institutions ouvertes à tous les jeunes de 15 à 30 ans destinées à élaborer des projets de toutes pièces sans aucune limite. La confiance et le volontarisme des élus est la clé de la réussite d’un tel concept.

Il est nécessaire que des institutions comme les Conseils Régionaux de Jeunes, soient transposées et dépassées au sein d’un territoire plus restreint , le but n’étant pas de copier bêtement, mais de mobiliser la jeunesse dans sa diversité autour de mesures concrètes qui impacteront le quotidien.

A l’heure où nous connaissons l’aube d’une crise politique majeure, l’engagement citoyen ainsi que l’intégrité et la confiance des élus sont nécessaires pour lutter contre les extrémismes et le repli sur soi.

Ci-dessous, le discours à la jeunesse de Pierre Mendès-France prononcé le 22 décembre 1955 :

“La jeunesse est impatiente et sévère dans ses jugements, probablement plus en France qu’ailleurs, certainement aujourd’hui plus qu’avant. Ce n’est pas moi qui vous en blâmerais, vous les jeunes, car vous avez de fortes raisons d’être inquiets, d’être critiques. Je n’ignore pas ces raisons. Mais je sais aussi qu’il dépend de vous que votre critique demeure vaine et votre impatience stérile, ou qu’elles soient, l’une et l’autre, et dès maintenant, des ferments d’énergie et d’action ; On dit souvent selon une formule un peu banale, mais vraie, que vous êtes le sang nouveau qui peut revivifier la nation. Si, demain, les responsabilités doivent vous incomber, il n’est pas trop tôt pour en assumer d’ores et déjà une part, et plus importante que vous ne croyez - mais il faut le faire très vite. Sinon, un jour, vous trouverez écrasante la charge des hypothèques que vous aurez laissé accumuler sur vous

Cela arriverait immanquablement, si vous permettiez que se gaspille et se perde la force vive dont vous disposez, si, prenant prétexte de ce que l’État vous ignore ou vous néglige souvent, vous vous détourniez de la chose publique, si vous vous désintéressiez de la conduite des affaires de ce pays, c’est-à-dire du foyer où vous passerez votre vie entière, et où vous serez demain heureux ou malheureux. Aussi, vous ne pouvez pas vous borner à répéter : ” A quoi bon ? “. Vous devez vous employer dès maintenant à faire changer ce qui doit être changé. (…)

L’efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu’il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s’y adapter, si elle est capable de comprendre l’espérance des filles et des garçons de France, d’épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n’aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. (…)

Mais cela ne suffit pas. Jeunes hommes et jeunes femmes de France, vous devez intervenir et agir par vous-mêmes. Organisez-vous, groupez-vous, pour faire entendre votre voix, participez aux mouvements de jeunesse, animez-les, poussez-les à exercer sur les pouvoirs publics une pression continue, afin de faire triompher les décisions que dicte le sens de l’intérêt collectif ! Et ce n’est pas tout encore. N’hésitez pas à prendre part à la vie politique, qui sans votre inspiration risquera toujours de retomber dans les vieilles ornières Ayez constamment présente à l’esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l’action d’un grand État, qui, après tant d’épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pourrez apporter. Décidez dès aujourd’hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale, préparez de vos propres mains l’avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens !”

William Chevillon

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